Chiffres clé en Île-de-France

D’après la dernière étude de perception des nuisances sonores en Île-de-France (étude Crédoc pour Bruitparif), le bruit routier apparaît comme la cause majeure des nuisances sonores dans l’environnement extérieur. Un Francilien sur trois cite ainsi la circulation routière ou les bruits qui y sont associés (deux-roues motorisés bruyants, avertisseurs sonores), comme source principale des nuisances sonores ressenties à son domicile.

Cela n'a rien d'étonnant car l'Île-de-France possède le premier réseau routier de France avec plus de 40 000 km de routes. La route est le mode majoritaire pour déplacer les hommes et les marchandises en Île-de-France. Elle assure 58 % des distances parcourues par les Franciliens et transporte 85 % des 287 millions de tonnes de marchandises circulant dans la région. Le réseau routier supportant ce trafic est dense : plus de 1 000 kilomètres d’autoroutes et de voies rapides, 1 500 kilomètres de routes nationales et 8 600 kilomètres de routes départementales. Plus de la moitié du réseau routier francilien est concentrée dans l’agglomération parisienne. Il s’intègre dans le tissu urbain de l’agglomération, ce qui se traduit par une proximité entre les Franciliens et les axes routiers. Ainsi 35 % des Franciliens résident à moins de 200 mètres d’un axe présentant un trafic de plus de 6 millions de véhicules/an. Ces Franciliens se trouvent à 98 % localisés dans l’agglomération parisienne. L’influence directe du trafic routier et la proximité des habitations à la voirie impactent considérablement le nombre de Franciliens soumis à des niveaux de bruit élevés. Il faut mentionner aussi, au voisinage des grands axes routiers l’existence de nombreux établissements sensibles (établissements de santé ou d’éducation).

La cartographie du bruit routier établie dans le cadre de la 1ère échéance de la directive européenne a permis de dresser un premier état des lieux des enjeux en termes de population exposée :

Cette forte exposition au bruit routier est responsable de l’ordre de 64 000 années de vie en bonne santé perdues chaque année du fait des impacts sanitaires du bruit routier (troubles du sommeil, gêne, maladies cardiovasculaires…), ce qui se traduit par un coût de 3,2 milliards d’€ par an. Si l’on rajoute le coût des pertes de productivité induites au travail par les troubles du sommeil et le coût de la dépréciation immobilière, on arrive à une facture de 5,5 milliards d’€ par an.