Le bruit, un facteur qui renforce les inégalités sociales

La pollution sonore a des impacts sociaux et territoriaux prépondérants.

Les niveaux sonores élevés le long des axes de transport très fréquentés dans le centre des villes ou aux abords des aéroports engendrent un exode vers la périphérie, plus tranquille. Cette évolution ne reste pas sans conséquence pour la mixité sociale, les personnes aux revenus les plus modestes n'ayant pas la possibilité de se soustraire au bruit. Qui plus est, elle est à l’origine de nouveaux flux de pendulaires, qui engendrent des problèmes de bruit dans des zones jusque-là silencieuses. Les propriétés situées dans des endroits bruyants se vendent et se louent à des prix inférieurs. En comparaison de bâtiments se trouvant dans des quartiers plus calmes, l'état de nombreuses habitations à proximité immédiates d'axes très fréquentés est nettement moins bon. Face aux perspectives défavorables de développement des quartiers fortement exposés au bruit, les propriétaires évitent les investissements et renoncent par exemple à entreprendre une rénovation. On aboutit ainsi à une spirale descendante dans ces secteurs. Le bruit apparaît ainsi comme un facteur qui renforce les inégalités sociales et territoriales.

http://www.noiseineu.eu/fr/3529-a/homeindex/image?objectid=3078&objecttypeid=0

Michel Setboun/Corbis

En Ile-de-France, deux études récentes ont été menées, dans le cadre du PRSE2 (Plan régional santé environnement 2), pour analyser les relations entre exposition aux nuisances environnementales dont le bruit et inégalités sociales.

Bruitparif a ainsi conduit, en collaboration avec Airparif et sous l’égide de l’Agence Régionale de Santé, une étude sur les relations entre la défaveur sociale et les expositions au bruit et à la pollution atmosphérique au sein des zones aéroportuaires. Cette étude publiée en 2013 a permis d’identifier les secteurs présentant un cumul de fortes inégalités sociales et environnementales au sein des zones d’étude péri-aéroportuaires retenues et méritant ainsi d’être considérées comme des zones à enjeux prioritaires pour les politiques publiques de santé.

Défaveur sociale et surexposition aux nuisances sonores et à la pollution atmosphérique par IRIS au sein des zones d’étude péri-aéroportuaires (source étude Bruitparif)

En 2016, l'ORS et l'IAU-ÎdF ont publié un rapport sur les inégalités environnementales en Île-de-France dans lequel sont identifiés les secteurs qui cumulent deux ou plusieurs nuisances environnementales parmi la pollution de l'air, le bruit, la pollution des sols, la pollution de l'eau distribuée et la présence d'installations d'élimination des déchets. La caractérisation sociodémographique des zones de multi-exposition a permis de mettre en exergue l’existence d’une relation forte entre défaveur environnementale et défaveur sociale, venant confirmer l’existence d’inégalités environnementales en région Île-de-France. Les travaux ont été réalisés à partir des données et des expertises apportées par différents organismes dont Bruitparif pour le volet bruit.

Secteurs cumulant points noirs environnementaux, surreprésentation de population sensible et défaveur sociale (source : étude IAU ORS IdF)

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