Les impacts sanitaires du bruit des transports

L’exposition au bruit des transports, en particulier en zone dense, constitue un réel enjeu de santé publique.

Malgré une connaissance qui ne cesse de progresser, la prise en compte du bruit environnemental et de ses effets extra-auditifs est assez récente et encore vraisemblablement sous-estimée par les pouvoirs publics et par la population par rapport à d’autres facteurs environnementaux comme la qualité de l’air.

Afin de guider l’action publique en matière de réduction des niveaux de bruit ambiant, des méthodes d’évaluation quantitative du risque sanitaire, promues par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ont été développées pour évaluer l’impact sanitaire et le coût attribuables à cette exposition.

Quantification des années de vie en bonne santé perdues du fait du bruit des transports

Une évaluation a été réalisée conjointement par l’Observatoire Régional de Santé Île-de-France (ORS Île-de-France) et Bruitparif pour les impacts sanitaires du bruit suivants :

D’autres effets tels que les troubles de l’apprentissage, les pathologies cardiovasculaires (autres que les infarctus du myocarde), les atteintes auditives… sont attribuables au bruit mais les informations manquaient pour pouvoir les quantifier, aussi cette évaluation doit-elle être considérée comme une approche a minima de l’impact sanitaire du bruit des transports.

L’impact est estimé à travers l’indicateur des années de vie en bonne santé perdues (en anglais : disability-adjusted life-years, ou DALYs). Les informations et données suivantes ont été utilisées :

Ainsi, il a été estimé que le bruit des transports dans l’agglomération parisienne est responsable de l’ordre de 75 000 années de vie en bonne santé perdues, chaque année, ce qui représente une perte de 7,3 mois par habitant en moyenne au cours d’une vie entière, cette perte pouvant atteindre 18 mois pour les personnes les plus fortement exposées au bruit.

Nombre de mois de vie en bonne santé perdue du fait de la gêne en fonction du niveau d’exposition au bruit (indicateur Lden)

Nombre de mois de vie en bonne santé perdue du fait des troubles du sommeil en fonction du niveau d’exposition nocturne au bruit (indicateur Ln)

Le principal effet sanitaire de l’exposition au bruit environnemental correspond aux troubles du sommeil, qui représente 44 000 années de vie en bonne santé perdues chaque année. La gêne auditive est le deuxième effet sanitaire avec 30 000 années de vie en bonne santé perdues par an.

Le bruit routier constitue la principale source de morbidité, en concentrant à lui seul 85 % des estimations de pertes d’années de vie en bonne santé dans l’agglomération parisienne.

Il convient toutefois de préciser que ces estimations sont probablement sous-estimées du fait de l’utilisation des indicateurs énergétiques tels que Lden et Ln qui ne suffisent pas à caractériser à eux seuls la réalité des nuisances vécues par les habitants qui vivent à proximité de sources de bruit présentant un caractère évènementiel tel que le trafic aérien ou le trafic ferroviaire. Les risques cardiovasculaires associés au bruit n’ont également été que partiellement évalués du fait du manque de relations dose réponse suffisamment abouties à ce jour.

Ces évaluations permettent toutefois d’objectiver le poids du bruit des transports sur la santé publique. Celui-ci devrait ainsi être pris en considération au même titre que la pollution de l’air ou le dérèglement climatique par les pouvoirs publics.

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