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Analyse de l'impact acoustique de la Journée sans voiture 2015

Analyse de l'impact acoustique de la Journée sans voiture 2015
Étude - 24/10/2015
Bruitparif vient de publier son rapport d'analyse de l'impact acoustique de l'opération "Journée sans voiture" qui s'est déroulée dans Paris le dimanche 27 septembre 2015.
 
L’étude a reposé sur une analyse comparative des niveaux de bruit collectés sur les stations de mesure de Bruitparif déployées au sein du territoire parisien ainsi que par des marcheurs équipés de dosimètres, durant la journée sans voiture (dimanche 27 septembre) et deux autres dimanches du mois de septembre (les 6 et 20 septembre).
 
Les observations effectuées par Bruitparif durant l’opération « Journée sans Voiture », tant sur ses stations fixes que par l’intermédiaire de ses marcheurs équipés de capteurs portatifs de bruit, ont montré que l'environnement sonore a été apaisé dans le centre de la capitale du fait de la restriction de circulation et a surtout été modifié et humanisé.
 
La comparaison des niveaux de bruit moyens sur la période de restriction de circulation (11-18h) le dimanche 27 septembre par rapport à d’autres dimanches de septembre a permis de relever une diminution moyenne de -2,1 dB(A) au sein de la zone centrale restreinte à la circulation et a mis en évidence des différences assez importantes selon les sites. Concernant les stations situées sur les grands axes (rue de Rivoli, quai Anatole France et boulevard de Sébastopol), une baisse moyenne de 3 dB(A) a été constatée sur la période 11-18h par rapport à la moyenne des niveaux constatés les dimanches précédents :-3,9 dB(A) rue de Rivoli, -2,9 dB(A) quai rive gauche Anatole France, -2,2 dB(A) boulevard de Sébastopol. Il s’agit de baisses significatives dans la mesure où une diminution de 3 dB(A) correspond à une énergie sonore divisée par deux. Place Saint Michel, la baisse a été moindre : -1,2 dB(A). Enfin sur l’avenue des Champs Elysées, lieu emblématique, les niveaux sonores ont assez peu diminué au global sur la période 11-18h (-0,3 dB(A)), cette grande avenue ayant été envahie par une foule ravie de pouvoir se réapproprier l’espace public. Une baisse moyenne de -4,3 dB(A) (soit une dose de bruit reçue en baisse de -63%) a également été enregistrée par les marcheurs de Bruitparif entre 11 et 13h.
 
L’évolution heure par heure des niveaux sonores a mis en évidence une diminution drastique du bruit sur l’avenue des Champs-Elysées entre 11 et 13h. Cette diminution de l’ordre de -10 dB(A) s’explique probablement par la restriction très importante de circulation réalisée par les forces de l’ordre dans ce créneau qui correspondait au moment de l'ouverture officielle de l'opération « Journée sans voiture » par la Maire de Paris.
 
La diminution globale de bruit qui a été observée au sein de la zone centrale (-2,1 dB(A) en moyenne, soit une énergie sonore diminuée de 38% environ) sur la période 11-18h peut paraître faible à première vue mais elle semble néanmoins cohérente avec les chiffres de baisse de circulation observée sur les grands axes dans la zone (autour de -42%) selon la direction de la voirie et des déplacements de la Mairie de Paris. L’effet positif sur l’environnement sonore de la diminution du volume de circulation a par ailleurs pu  être en partie contrebalancé, localement sur certains axes et à certaines périodes de la journée, par une augmentation des vitesses de circulation des véhicules par rapport à un dimanche habituel. Par ailleurs, les niveaux de bruit moyens mesurés le dimanche 27 septembre n’ont pas uniquement été le fait des niveaux de bruit générés par la circulation, de nombreuses activités en tout genre (parfois génératrices de bruit) ayant pris place dans les rues rendues aux habitants. Ceci fut particulièrement le cas sur l’avenue des Champs-Elysées l’après-midi. C’est la raison pour laquelle d’autres indicateurs de bruit que le niveau global moyen ont été utilisés par Bruitparif pour analyser l’impact sonore de l’opération « Journée sans voiture ».
 
La circulation automobile est le principal facteur du niveau de bruit de fond observé à Paris au cours de la journée. L’indicateur LAeq95 de bruit de fond est un indicateur qui apparaît donc plus pertinent que le niveau moyen global pour mettre en évidence la baisse du bruit de circulation. Une baisse significative du niveau de bruit de fond a ainsi été relevée au sein de la zone centrale restreinte à la circulation : -1,8 dB(A) en moyenne sur tous les sites, avec une certaine variabilité selon les sites. Les plus fortes réductions sont apparues pour les sites qui, en temps normal, sont caractérisés par un trafic soutenu comme l’avenue des Champs-Elysées (-3,3 dB(A) de baisse du bruit de fond, ce qui correspondrait à une énergie sonore générée par la circulation réduite de 53%) et les quais rive gauche (-2,5 dB(A) de baisse de bruit de fond, ce qui correspondrait à une énergie sonore générée par la circulation réduite de 44%). Pour les sites caractérisés par un trafic plus modéré, les différences restent sensibles mais sont moins élevées.
 
Sur certains axes, il a également été enregistré une diminution significative de la composante évémentielle du bruit ambiant (liée à des pics de bruit émergeant du bruit de fond), ceci en lien vraisemblablement avec un nombre moins important de passages de véhicules 2 roues motorisés bruyants, d’accélérations/décélérations de véhicules et/ou une moindre utilisation des avertisseurs sonores. Ce fut le cas notamment sur la rue de Rivoli, les quais rive gauche et le boulevard de Sébastopol. Sur l’avenue des Champs-Elysées, l’affluence de la foule notamment l’après-midi a donné lieu par contre à une augmentation importante des émergences sonores en lien avec l’ambiance festive et/ou les animations ayant pris place sur l’avenue.
 
Des enregistrements sonores audioconformes réalisés par l’un des marcheurs de Bruitparif autour de midi les dimanches 20 et 27 septembre à l’angle boulevard de Sébastopol et rue de Rivoli (devant le square de la Tour Saint-Jacques) ont permis de confirmer les résultats des mesures sonométriques. Les bruits agressifs d’origine mécanique liés à la circulation routière apparaissent, sur ces enregistrements, nettement moins présents le dimanche 27 par rapport au dimanche 20, rendant ainsi audibles des sonorités perçues comme plus agréables et vivantes en provenance de la nature, de voix humaines ou de jeux d’enfants.
 
 
Enfin, en-dehors de la zone centrale restreinte à la circulation, la comparaison des niveaux observés sur les stations situées place de Stalingrad et sur le boulevard périphérique montre qu’il n’a pas été observé de modifications significatives des niveaux sonores (ni à la hausse par un phénomène de report de circulation et donc de bruit que l’on aurait pu craindre, ni à la baisse) le dimanche 27 septembre par rapport aux deux dimanches 6 et 20 septembre, et ce quel que soit l’indicateur acoustique utilisé (niveaux de bruit moyen, niveaux de bruit de fond, indice Harmonica).
 
Le bilan de l’opération «Journée sans voiture » a donc été globalement positif en termes d’amélioration de l’environnement sonore. Qui plus est, l’opération a eu des vertus pédagogiques en permettant à tout un chacun, au cours de cette journée, de redécouvrir l’importance de la qualité sonore de l’environnement pour le bien-être et en favorisant la prise de conscience collective quant à la nécessité d’agir contre les nuisances générées par le trafic motorisé en milieu urbain.
 
 
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