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Fermeture des voies sur berge rive droite : une augmentation constatée du bruit sur les quais hauts, notamment la nuit

Fermeture des voies sur berge rive droite : une augmentation constatée du bruit sur les quais hauts, notamment la nuit
Bruitparif - 12/12/2016
Bruitparif publie son rapport d'analyse des mesures de bruit réalisées en novembre 2016 sur les quais hauts rive droite en façade d’immeubles. Les résultats y sont comparés aux mesures réalisées, un an auparavant, aux mêmes emplacements dans le cadre du dossier d’étude d’impact. Ceci permet de quantifier et de caractériser les modifications d’environnement sonore induites par la fermeture de la voie sur berge au niveau des quais hauts.
 
Depuis septembre 2016, sur décision de la ville de Paris, la voie Georges Pompidou est fermée à la circulation sur 3,3 km de l'entrée du tunnel sous les tuileries à la sortie du tunnel Henri IV. Afin de suivre et d'analyser l'évolution de l'environnement sonore suite à cette décision, Bruitparif a mis en place un dispositif spécifique conséquent sur une vaste zone couvrant les abords directs de la voie fermée à la circulation ainsi que les axes potentiellement impactés par des modifications de trafic à Paris et en petite couronne. Ce dispositif repose sur l'installation de capteurs de bruit sur 83 sites (47 sur Paris et 36 en périphérie).
 
Parmi les sites documentés par Bruitparif au cours du mois de novembre 2016, figurent six emplacements, en façade d'immeubles riverains des quais hauts rive droite, qui avaient été documentés à l’aide d’une mesure sur 24h, un jour ouvrable de novembre 2015, par le bureau d’étude CIA Acoustique dans le cadre du dossier d’étude d’impact. Les résultats des mesures observées pour deux jours ouvrables de novembre 2016 ont pu être comparés à ceux obtenus en novembre 2015 pour cinq des six sites documentés, ce qui permet de fournir des premiers éléments d’évaluation de l’impact acoustique de la fermeture de la voie sur berge rive droite.
 
Les résultats font ainsi apparaître, sur les quais hauts, une tendance globale à l’augmentation du niveau sonore suite aux modifications de trafic induites sur les quais hauts par la fermeture de la voie sur berge rive droite. Seul le point situé en façade d’un riverain habitant au 5ème étage à la fin du quai Henri IV, avant l’intersection avec la voie Mazas, fait apparaître une tendance à la diminution du bruit, du moins en période diurne.
 
Les principaux constats qui peuvent être dressés sont les suivants :
 
Une augmentation importante des niveaux sonores est observée la nuit (22-6h).
 
La circulation accrue sur les quais hauts du fait du report de trafic de la voie Georges Pompidou génère un accroissement important du bruit en façade pour les riverains des quais hauts, et ce malgré la disparition de la circulation sur la voie sur berge. En ne tenant compte que de la contribution directe de la route (hors pics de bruit du type klaxons, sirènes, 2 roues motorisés particulièrement bruyants), les augmentations vont de +1,9 dB(A) à +3,4 dB(A) sur quatre des cinq sites pour lesquels des données de comparaison avant/après fermeture de la voie sur berge rive droite existent :
+ 3,4 dB(A) pour le quai Henri IV (au niveau du numéro 42)
+ 3,1 dB(A) pour le quai de la Mégisserie
+ 2,8 dB(A) pour le quai de Gesvres
+ 1,9 dB(A) pour le quai des Célestins
En tenant compte également des pics de bruit intempestifs, les résultats restent inchangés (+3,4 dB(A) au niveau du 42 quai Henri IV, +3,2 dB(A) pour le quai de la mégisserie, +2,6 dB(A) pour le quai de Gesvres), à l’exception du site quai des Célestins, pour lequel l’évolution passe à +0,7 dB(A).
 
Il s’agit d’augmentations importantes du bruit, lorsque l’on sait qu’une hausse de 3 dB(A) correspond à un doublement de l’énergie sonore.
 
Les modifications observées pour la période nocturne sur trois des sites (42 quai Henri IV, quai de la Mégisserie et quai de Gesvres) peuvent en outre être considérées comme significatives[1] au sens de la réglementation, celles-ci étant supérieures à +2 dB(A).
 
Les niveaux observés la nuit sont compris entre 67 et 70 dB(A), ce qui est supérieur à la valeur réglementaire nocturne prise en compte pour la définition des zones de bruit critique et des points noirs de bruit (LAeq 22-6h de 65 dB(A) pour le bruit routier) ainsi qu’aux valeurs de niveaux sonores maxima admissibles définies à l’article 2 de l’arrêté du 5 mai 1995 à respecter dans le cas d’une modification significative d’infrastructure (LAeq 22-6h de 60 dB(A) pour les logements qui étaient en zone d'ambiance sonore préexistante non modérée ; LAeq 22-6h de 55 dB(A) pour les établissements de soin, de santé et d’action sociale).
Hormis pour le site du 42 quai Henri IV (où le niveau mesuré était de 64 dB(A)), il est à noter que les niveaux nocturnes observés en novembre 2015 avant la fermeture de la voie sur berge sur les sites quais hauts étaient déjà au-dessus de la valeur réglementaire de 65 dB(A).
 
Une augmentation du niveau sonore sur la période diurne (6-22h) est également observée sur les sites mais celle-ci est moindre que pour la nuit et davantage dépendante de la survenue d’événements intempestifs de type klaxons, sirènes, 2 roues motorisés particulièrement bruyants.
 
Sans tenir compte des événements intempestifs, les augmentations de bruit sur la période de journée se situent entre +0,3 dB(A) et +1,5 dB(A) :
+ 1,5 dB(A) pour le quai Henri IV (au niveau du numéro 42)
+ 0,4 dB(A) pour le quai de Gesvres
+ 0,5 dB(A) pour le quai des Célestins
+ 0,3 dB(A) pour le quai de la Mégisserie
Cette évolution à la hausse s’explique par l’effet report de trafic sur les quais hauts. Néanmoins, elle n’est pas directement proportionnelle à l’évolution du trafic constaté dans la mesure où la congestion plus importante constatée sur les quais hauts se traduit par une baisse de la vitesse moyenne de circulation et donc du bruit de roulement des véhicules. Les modifications observées pour la période diurne sont en-deçà de la valeur requise de +2 dB(A) pour être considérées comme significatives au sens de la réglementation.
 
Si on tient compte maintenant également des événements intempestifs de type klaxons, sirènes, 2 roues motorisés particulièrement bruyants, les augmentations sont plus importantes en lien avec une durée d’apparition de pics de bruit qui semble en moyenne plus élevée depuis la fermeture de la voie sur berge rive droite (effet lié à une congestion plus importante). Les évolutions atteignent par exemple +2,5 dB(A) au niveau du 42 quai Henri IV et +1,1 dB(A) au niveau du quai de Gesvres.
 
Les niveaux de bruit observés en période diurne sur les quais hauts sont supérieurs à la valeur réglementaire de 70 dB(A) utilisée pour la définition des zones de bruit critique et des points noirs de bruit. Les niveaux sont compris entre 71 et 74 dB(A) en tenant compte des pics de bruit intempestifs et entre 70 et 73 dB(A) sans en tenir compte. Hormis pour le site du 42 quai Henri IV (où le niveau mesuré était de 69 dB(A)), il est à noter que les niveaux diurnes observés en novembre 2015 avant la fermeture de la voie sur berge sur les sites quais hauts étaient déjà au-dessus de la valeur réglementaire de 70 dB(A).
 
Des analyses spécifiques ont été faites sur les périodes de pointe de trafic du matin (8-10h) et du soir (18-20h). Elles font apparaître des augmentations de bruit plus importantes pour la période de pointe de trafic du matin qu’en moyenne sur la journée, pour les sites du quai de la Mégisserie, du quai de Gesvres et du 42 quai Henri IV. Cela est particulièrement net lorsque l’on tient compte des pics de bruit, avec des hausses constatées de +3 dB(A) pour le 42 quai Henri IV, +1,8 dB(A) pour le quai de Gesvres et +1,5 dB(A) pour le quai de la Mégisserie. L’augmentation du bruit est liée à la hausse constatée de trafic sur les quais hauts ainsi qu’à une probabilité accrue d’avoir des événements intempestifs bruyants du fait d’une congestion augmentée. Il est également constaté une augmentation plus importante du bruit (+3 dB(A)) sur la période de pointe de trafic du soir (18-20h) pour le site du 42 quai Henri IV. Cette tendance n’est pas retrouvée sur les autres sites où les niveaux de bruit restent stables, voire sont même en légère diminution (lorsqu’on s’affranchit des pics de bruit) par rapport à la situation avant fermeture de la voie sur berge.
 
Cas particulier du point situé au 10 quai Henri IV
 
Les évolutions de bruit constatées sur ce site sont assez différentes de celles observées sur les autres sites. La tendance est en effet ici à une diminution des niveaux sonores notamment en période diurne où des baisses respectives de -0,9 dB(A) et de -0,5 dB(A) ont été observées selon si l’on ne tient pas compte ou si l’on tient compte des pics de bruit intempestifs. Cette différence s’explique par la configuration du lieu puisqu’à cet endroit la voie Georges Pompidou rejoint les quais hauts pour déboucher sur la voie Mazas.Au droit de ce site, la chaussée de la voie Georges Pompidou est proche de celle du quai Henri IV.
 
Le point de mesure étant, de plus, relativement haut (5ème étage), il se trouvait, avant la fermeture, en vue plus dégagée du trafic circulé sur la voie Georges Pompidou, la contribution sonore de cette dernière était donc, en proportion, plus importante sur ce point que pour les autres sites.
 
La circulation routière sur la voie Georges Pompidou ne s’étant pas reportée en totalité sur le quai Henri IV, le trafic sur ce dernier, sur la période 2016, n’est pas équivalent au cumul des trafics circulés avant fermeture de la voie sur berge sur le quai Henri IV et sur la voie Georges Pompidou. Par conséquent les niveaux de bruit mesurés en façade du 5ème étage du 10 quai Henri IV sont restés stables la nuit et ont tendance à avoir diminué le jour.
 
Poursuite de l’étude
 
Ce premier rapport d’analyse ne traite que des modifications de niveaux sonores induites sur les quais hauts au droit de la voie Georges Pompidou qui a été fermée à la circulation, et ce, en comparant les niveaux de bruit mesurés en novembre 2016, soit deux mois après la fermeture officielle de la voie Georges Pompidou, avec ceux de novembre 2015. Il conviendra de poursuivre l’observation au cours des prochains mois pour voir si les constatations effectuées se confirment dans la durée.
 
Les données qui sont collectées sur les autres sites de mesure du dispositif mis en place par Bruitparif permettront, après un travail d’analyse croisée avec les évolutions constatées des trafics, de fournir des éléments d’appréciation des conséquences induites sur d’autres axes dans Paris en en périphérie. En complément des mesures de bruit, des modélisations locales du bruit routier seront réalisées sur les axes où les modifications de trafic induites par la fermeture de la voie sur berge rive droite auront été constatées les plus importantes. Ces modélisations permettront de cartographier les niveaux sonores avant et après la fermeture de la voie sur berge rive droite.
 
Pour en savoir plus :
 
 
Accéder à la plateforme de diffusion des données de mesure du bruit collectées dans le cadre du dispositif de suivi de l'environnement sonore suite à la fermeture de la voie sur berge rive droite.
 
Voir la description du dispositif mis en place par Bruitparif.
 

[1] Pour rappel, la transformation d'une route existante est considérée comme ayant une incidence pouvant être considérée comme significative d’un point de vue acoustique, si elle est de nature à induire une augmentation à terme de la contribution sonore de l’infrastructure supérieure à 2 dB(A) sur au moins une des deux périodes représentatives de la gêne des riverains du jour (6-22h) et de la nuit (22-6h) (cf. Code de l’environnement articles L.571-9 et R571-44 à R-571-52). Dans le cas où une modification d’infrastructure est considérée comme ayant une incidence significative, elle nécessite la mise en place de mesures de traitements acoustiques.
 
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