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Suivi de l'environnement sonore suite à la fermeture de la voie sur berge rive droite : Bruitparif rend ses conclusions

Suivi de l'environnement sonore suite à la fermeture de la voie sur berge rive droite : Bruitparif rend ses conclusions
Bruitparif - 27/03/2017
Depuis septembre 2016, sur décision de la ville de Paris, la voie Georges Pompidou est fermée à la circulation sur 3,3 km de l'entrée du tunnel sous les tuileries à la sortie du tunnel Henri IV.
 
6 mois après cette fermeture, et suite à l'exploitation de l'ensemble des données de mesure et de modélisation du bruit de la période hivernale, Bruitparif tire les principaux enseignements de son impact sur l'environnement sonore et publie son rapport de résultats.
Afin de suivre et d'analyser l'évolution de l'environnement sonore suite à la décision de piétonnisation de la voie sur berge rive droite, Bruitparif a mis en place un dispositif spécifique conséquent sur une vaste zone couvrant les abords directs de la voie fermée à la circulation ainsi que les axes potentiellement impactés par les modifications induites de trafic à Paris et en petite couronne. Le dispositif repose sur la mise en œuvre de mesures de bruit sur 90 sites (53 sites sur Paris et 37 en périphérie) ainsi que sur la réalisation de modélisations du bruit sur les secteurs où les modifications de trafic sont constatées comme les plus importantes. L'ensemble des données produites et des analyses sont rendues accessibles au sein d'une plateforme dédiée au suivi : http://vsb.bruitparif.fr
 
L'exploitation des résultats obtenus au cours de l'hiver 2016 a permis à Bruitparif de dresser une analyse de l'état actuel de la situation et de fournir des tendances d'évolution entre avant et après la fermeture à la circulation de la voie sur berge rive droite.
 
Il ressort ainsi que les conséquences acoustiques de la fermeture à la circulation de la voie Georges Pompidou se manifestent essentiellement dans Paris intra-muros, et notamment sur le secteur des quais hauts, et que celles-ci sont plus accentuées sur la période nocturne qu’en journée.
 
Plus précisément, les constats suivants peuvent être dressés :
  • La fermeture à la circulation de la voie Georges Pompidou a entraîné des reports importants de trafic sur les quais hauts qui ont, eux-mêmes, généré une augmentation importante des niveaux de bruit la nuit, supérieure à 2 dB(A) et pouvant aller jusqu’à 4 dB(A) sur une bonne partie des quais hauts rive droite entre le Louvre et la Place du Châtelet, entre le Pont Louis Philippe et le Pont Marie et entre le boulevard Henri IV et le boulevard Bourdon. Des hausses du même ordre de grandeur, de manière plus localisée, en façade de certains bâtiments situés sur d’autres sections des quais hauts (entre la Place du Châtelet et le Pont Louis Philippe par exemple) ne sont pas à exclure également, comme l’ont montré les résultats de mesure quai de Gesvres (+2,8 dB(A)).
Il s’agit, pour les riverains de ces secteurs, d’une augmentation considérée comme significative au sens de la réglementation (> 2 dB(A)) et qui correspond à une réelle dégradation de l’exposition sonore. Pour rappel, une augmentation de +3 dB(A) équivaut à un doublement de l’énergie sonore.
 
Sur la période nocturne, les niveaux de bruit en façade des riverains sur ces secteurs des quais hauts s’établissent désormais entre 65 et 71 dB(A), soit de 5 à 11 dB(A) au-dessus de la valeur maximale autorisée (60 dB(A)) retenue pour la période nocturne en cas de modification significative d’infrastructure (cas des logements exposés en façade en situation préexistante non modérée).
 
Sur ces secteurs, obligation réglementaire est donc faite au maître d’ouvrage de prendre des dispositions pour limiter l’exposition sonore des populations riveraines. Des actions de diminution du bruit à la source par un traitement direct de l’infrastructure, complétées, le cas échéant, par des actions d’isolation phonique des logements doivent ainsi être étudiées puis mises en œuvre afin de respecter les niveaux sonores maximaux autorisés définis dans la réglementation.
 
Sur les autres secteurs des quais rive droite, les évolutions nocturnes de niveaux sonores sont moindres : augmentation de l’ordre de 1 dB(A) pour le quai de Bercy et le quai Louis Blériot, et inférieure à 0,5 dB(A) pour le quai St Exupéry, l’avenue du Président Kennedy et l’avenue de New-York.
  • Les augmentations constatées sur les quais hauts sont moindres sur la période diurne, les hausses de bruit de circulation y étant inférieures à 2 dB(A) pour cette période. Toutefois, une recrudescence des pics de bruit intempestifs (sirènes de véhicules d’urgence, klaxons, deux-roues motorisés excessivement bruyants) se manifeste du fait de la congestion accrue, notamment aux heures de pointe de trafic du matin ou du soir. Ceci peut se traduire localement par des hausses de bruit plus importantes. Ainsi, en tenant compte des pics de bruit, des augmentations de 2,5 dB(A) en moyenne en journée et de 3 dB(A) aux heures de pointe du soir ont été constatées par la mesure au niveau du quai Henri IV.
Sur la période diurne, les niveaux de bruit en façade des riverains sur les secteurs des quais hauts les plus impactés s’établissent désormais entre 70 et 73 dB(A), soit de 5 à 8 dB(A) au-dessus de la contribution sonore maximale autorisée pour la période diurne (valeur de 65 dB(A)) en cas de modification significative d’infrastructure.
  • Sur la période allant de début novembre 2016 à fin janvier 2017, aucune évolution des niveaux de bruit à la hausse ou à la baisse sur les quais hauts ne semble être constatée. Il ne semble donc pas y avoir à ce stade d’adaptations des comportements des automobilistes.
  • Certains axes dans Paris intra-muros ont subi une augmentation de bruit en lien probable avec les reports de trafic et/ou l’augmentation de la congestion associés à la fermeture de la voie Georges Pompidou. Il s’agit par exemple du boulevard St Germain, du boulevard Bourdon, du boulevard des Capucines, de la rue La Fayette, du boulevard de Sébastopol, de la rue de la Convention, du boulevard du Montparnasse, de la rue Saint-Antoine. Les augmentations estimées (comprises entre 0,4 et 1,3 dB(A) la nuit et entre 0 et 1 dB(A) le jour) sont toutefois plus faibles que sur les quais hauts. A noter des tendances à la hausse aussi sur la période nocturne pour la rue de Rivoli et l’avenue du Général Leclerc (de l’ordre de +0,6 dB(A)) sans qu’il soit possible de les relier à une conséquence directe de la fermeture à la circulation de la voie Georges Pompidou.
  • Une diminution importante du bruit a été observée sur les berges rive droite désormais piétonnisées entre la sortie du tunnel des Tuileries et le tunnel Henri IV, celle-ci atteignant localement -8 à -10 dB(A) en période diurne comme en période nocturne. Les niveaux sonores y sont désormais compris entre 60 et 65 dB(A) en journée et entre 55 et 60 dB(A) la nuit. Il s’agit d’une nette amélioration d’ambiance sonore qui correspond à une division par six à dix de l’énergie sonore et à une perception de bruit divisé par deux environ. Cette amélioration est toutefois partiellement contrebalancée par une dégradation du niveau sonore pouvant aller jusqu’à +4 dB(A) la nuit et +1 dB(A) le jour, sur les parties de la voie sur berge situées en contrebas du Louvre et entre le boulevard Henri IV et le boulevard Bourdon, du fait du report du trafic initialement en tunnel sur ces sections sur les quais hauts.
  • Une diminution de bruit est également observée au niveau des premiers bâtiments situés en face sur l’île Saint-Louis et l’île de la Cité. Celle-ci est de l’ordre de 3 dB(A) la nuit et atteint 4 dB(A) le jour. Les niveaux sonores y sont compris entre 60 et 65 dB(A) en journée et entre 55 et 60 dB(A) la nuit.
  • En dehors de Paris intra-muros, les seules évolutions qui peuvent être éventuellement reliées, à une conséquence de la fermeture de la voie sur berge rive droite sont observées en période diurne et concernent les points situés à proximité de l’A4 à Charenton-le-Pont et à Saint-Maurice où une tendance à l’augmentation du bruit est observée (en lien avec  la hausse de la congestion, notamment aux heures de pointe du soir) ainsi que ceux situés le long de la RD910 et du quai Stalingrad (RD1) à Boulogne-Billancourt dont les niveaux ont eu, quant à eux, tendance à légèrement diminuer (en lien avec une baisse de trafic). D’autres causes (travaux notamment) peuvent néanmoins être également avancées pour expliquer ces variations.
Outre l'analyse des effets acoustiques de la fermeture à la circulation de la voie Georges Pompidou, les données recueillies ont également permis de décrire finement la situation sonore de 90 sites exposés au bruit routier sur Paris et la petite couronne.
  • Sans surprise, les sites les plus bruyants, de jour comme de nuit (niveaux supérieurs à 75 dB(A) le jour et à 70 dB(A) la nuit), sont observés au droit d’axes fortement circulés où il n’existe pas de protection acoustique (par exemple le long de l'A4, du boulevard périphérique, de la RN118), sur les quais hauts, ainsi que sur des grands axes parisiens (avenue des Champs-Elysées, avenue de la Grande Armée, boulevard de Sébastopol, avenue du Général Leclerc).
  • Les sites les moins bruyants, de jour comme de nuit (niveaux inférieurs à 65 dB(A) en journée et à 60 dB(A) la nuit), sont, quant à eux, observés quai d’Anjou sur l’île Saint-Louis (en face de la voie sur berge et des quais rive droite), sur la voie Georges Pompidou désormais piétonnisée (le niveau y étant de l’ordre de 10 dB(A) de moins que sur les quais hauts) et sur les sites bénéficiant d’une protection acoustique.
  • Il est également apparu que la dynamique du bruit était très différente selon les axes. Ainsi, le long des grands axes fortement circulés, le bruit provient essentiellement des bruits de roulement, la contribution des pics de bruit intempestifs (klaxons, sirènes...) dans l’énergie sonore globale y étant faible (de l’ordre de 1 à 10%). Par contre, sur certains axes urbains (boulevard de Sébastopol, rue de Compiègne à proximité de la Gare du nord, carrefour du Pont de Charenton), la contribution des pics de bruit peut être très importante, atteignant par exemple 45 à 48% de l’énergie sonore en journée, ce qui est le reflet de conditions de circulation fortement congestionnées. La situation observée sur les quais hauts est intermédiaire avec des contributions de pics de bruit comprises entre 25 et 33%.
Une nouvelle campagne de mesure sera mise en œuvre au printemps 2017 pour suivre l’évolution du bruit en lien avec d’éventuelles modifications des comportements des automobilistes.
 
Pour en savoir plus :
Toutes les données et analyses sont également disponibles sur la plateforme dédiée : http://vsb.bruitparif.fr
 
 
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