Sons amplifiés prudence
Dans le monde, environ 1,35 milliard de jeunes courent déjà un risque auditif en raison de leur exposition aux sons amplifiés. Une revue des études scientifiques publiées à ce sujet au niveau international entre 2000 et 2021 estime que la prévalence des écoutes dangereuses au casque ou avec écouteurs chez les 12-34 ans serait de près de 24 %, et que celle liée à la fréquentation à risque de lieux diffusant des sons amplifiés atteindrait 48,2 %. Il pourrait ainsi y avoir près d’un jeune sur deux – soit jusqu’à 1,35 milliard – concernés à travers le monde par le risque de pertes auditives [1].
Les chiffres en Île-de-France
Selon l’étude sur la perception du bruit par les Franciliens menée par le Crédoc pour Bruitparif en 2021, 52 % d’entre eux utilisaient alors un casque ou un appareil comparable pour écouter des sons amplifiés au moins une fois par semaine. 43 % des Franciliens écoutent au casque ou aux écouteurs d’une à trois heures ou plus par jour, et 45 % d’entre eux sont concernés par un comportement à risque : écoute à forte puissance et/ou utilisation lors de l’endormissement.
Chez les jeunes Franciliens, les données collectées à l’aide du dispositif de sensibilisation « Kiwi ? » déployé par Bruitparif auprès d’un échantillon de plus de 3800 collégiens et lycéens ont permis de montrer que 45 % d’entre eux adoptaient des pratiques à risque pour leur audition du fait de la combinaison de leur durée d’écoute au casque ou avec des écouteurs par jour et des volumes auxquels ils écoutent.
Enfin, si l’on zoome sur les âges du collège, on apprend grâce à une étude réalisée par le CidB en collaboration avec le Réseau des musiques actuelles en Île-de-France, Bruitparif et l’Agence régionale de santé Île-de-France que durant la période 2018-2021, 43 % des élèves interrogés affirment régler le volume à un niveau fort ou très fort. Très inquiétant également, 19 % des élèves indiquent s’endormir quotidiennement ou plusieurs fois par semaine avec le casque/les écouteurs sur les oreilles. Et grandir n’arrange rien, puisque si les collégiens âgés de onze ans sont 11 % à écouter très fort la musique, ils sont déjà plus du quart à le faire à quinze ans. Tendances que l’on retrouve en ce qui concerne les concerts, les jeux vidéo et le visionnage de séries. Résultat : 37 % des collégiens franciliens ont déjà connu des acouphènes, 20 % des pertes auditives et 21 % de l’hyperacousie.
Les risques sont liés au niveau ainsi qu’à la durée d’écoute
L’essentiel à retenir est que le risque dépend de la dose de bruit, qui augmente avec le niveau sonore et la durée d’exposition. Ainsi, le principe d’égale énergie stipule en première approche qu’un volume égal d’énergie acoustique est censé provoquer le même niveau de perte auditive. La quantité d’énergie double chaque fois que l’intensité sonore augmente de trois dB. Par conséquent, une personne peut recevoir la même « dose sonore » en écoutant de la musique à 80 dB pendant huit heures par jour qu’en écoutant 100 dB pendant cinq minutes.
Durée limite d’écoute en fonction du niveau sonore